En pleine polémique autour des gilets jaunes qui revendiquent une augmentation de leur pouvoir d’achat (si j’ai bien compris !).

A l’approche des fêtes, synonymes d’orgie et d’abondance et aussi de gaspillage.

J’ai eu envie de prendre la plume pour dénoncer cette course à la consommation qui me choque.

Pourquoi (sur-)consommons-nous ?

Pour beaucoup d’entre-nous, faire du shopping constitue un loisir. Faire du lèche-vitrine, déambuler dans un centre commercial ou passer ses soirées sur Ventes-secrètes.com s’apparente comme une distraction à part entière.

Or, arpenter les allées de Drimarque, I&N ou Ikaé nous aliène en nous montrant non pas ce dont nous avons besoin mais ce que nous pourrions désirer. Ces grandes chaînes réussissent à transformer nos menus besoins en innombrables envies, faisant de nous de perpétuels insatisfaits, voire des boulimiques jamais rassasiés.

Avez-vous essayé de déconnecter pour limiter la tentation du shopping, à portée de souris (ou de doigts) ? Une tablette sur les genoux dans le canap’ et mon amie la carte bancaire : et hop, j’ai succombé en quelques clics ! Tout tout de suite et surtout très facilement : c’est un vrai danger pour notre porte-monnaie. Sur Alazone notamment, il y a tout, livré vite et pas cher ! C’est certain : le e-commerce, en nous permettant un accès 24h/24 à l’offre, a renforcé notre propension à sur-consommer.

Devenons des consommateurs responsables

N’ayons pas l’air étonnés de voir disparaître le commerce de proximité puisque nous les fréquentons de moins en moins. Demandons-nous seulement si le plaisir de e-shopper est au rendez-vous mais aussi si à moyen terme, la concentration de l’offre vers quelques géants du e-commerce est réellement souhaitable. Car derrière notre manière de consommer se cache un réel engagement sociétal. Préférez-vous donner de l’argent à une mutli-nationale ou à un petit artisan local ?

Retrouvons le plaisir des petits commerçants, forts de conseils et d’humanité. Commençons par prendre le temps pour faire nos courses alimentaires. Certes c’est plus fastidieux d’aller à la ferme, au marché, chez le boulanger ou le boucher alors que l’offre est centralisée au supermarché ou au drive. Mais au final, en l’absence de têtes de gondoles, de promos et de prospectus, la tentation se trouve restreinte si bien que l’on dépense moins. Et ce n’est pas le seul bénéfice… Vous mangerez plus sainement mais aussi local.  Vous servirez ainsi d’une pierre deux coups l’écologie et l’emploi de proximité. En outre, ce temps passé à vous occuper de l’alimentation ne pourra pas servir à succomber à des achats futiles.

La sur-consommation est un leurre, elle nous rend surtout dépendants et frustrés mais absolument pas heureux.

Apprenons à consommer moins mais consommer mieux. « Back to basics » !

Un enfant n’a pas besoin d’un tas de jouets à à Noël mais juste le bon, et c’est souvent le plus simple avec lequel il jouera beaucoup. S’il n’est exposé ni aux publicités TV ni aux catalogues, vous verrez qu’il aura des idées restreintes. Moins envieux il n’en sera que plus heureux.

Qui a inventé l’artifice de la mode sinon les industriels du textile, désireux de nous voir renouveler régulièrement notre garde-robe ? Sans tomber dans l’extrême, nous pouvons aisément recycler nos anciens vêtements avec de nouveaux accessoires pour limiter nos dépenses.

Que nous apportent le téléphone Pomme dernier cri renouvelé tous les 6 mois, le robot de cuisine SuperMix, le sac Voui Luitton ou encore le manteau Jilfiger ? Nous rendent-ils heureux ? Ne sont-ils pas finalement ridicules en prenant juste un peu de recul ?

Retrouvons des valeurs de partage et de chaleur humaine.

Les réseaux sociaux ne nous rapprochent pas mais au contraire nous isolent. Ces 150 amis que nous avons en moyenne : allons-nous chez eux, allons-nous prendre une bière avec eux… ?

Ressortez les livres, les jeux de société, la pâte à modeler et les loisirs créatifs pour décoller vos enfants des écrans. Favorisons l’échange au lieu de nous abrutir devant la télé. Retrouvons le goût d’aller nous promener en forêt pour faire un herbier, de déambuler dans la ville en levant le nez pour la découvrir autrement. Le vrai bonheur c’est ce qui ne peut s’acheter : la famille, les amis, des fou-rires, un joli paysage, un bol d’air frais, des sensations…

Pourquoi ne limiterions-nous pas notre propre usage des écrans pendant notre temps libre ? La télé nous abrutit, nous rend envieux et nous isole. Le smartphone génère une dépendance qui ne nous entoure pas davantage.

Je rêve d’un monde où nous deviendrions tous épicuriens ; où nous saurions profiter de choses simples comme une sieste au soleil, un café entre amis, une partie de nain jaune en famille, un pudding maison, une balade à vélo… Un monde où cette fuite en avant de la consommation ne serait plus. Un monde où nous regarderions ces années 2000 en nous félicitant de nous en être extraits.

I have a dream… Suis-je idéaliste que d’imaginer que ce soit possible ?

Je vois arriver janvier et la retenue à la source qui ne risque que de renforcer la frustration de ceux qui confondent être et avoir. Puissent-ils trouver un moyen de vivre autrement pour être heureux ! Je viens pour ma part de vous livrer ma recette.